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National Gallery de Londres : guide de visite

Une proposition de visite à l’une des galeries de peintures les plus belles de Londres et du monde : la National Gallery avec sa collection sensationnelle de tableaux du 1200 jusqu’au début du XXe siècle.

National Gallery Londra - Foto di Tims Talib
Maria Ilaria Mura
9 Min Read

La National Gallery de Londres compte environ 2 300 œuvres de peinture. Bien qu’il existe en Europe des collections plus vastes, sa valeur réside dans le fait qu’elle possède une collection encyclopédique couvrant la période du XIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle. Tous les grands artistes y sont représentés, parfois avec des œuvres tellement significatives qu’elles figurent également dans les manuels d’histoire de l’art.

Cette proposition permet de visiter le musée à travers quatorze des œuvres les plus célèbres et significatives, pour avoir une vue d’ensemble des moments principaux de l’histoire de la peinture occidentale.

La National Gallery de Londres est née en 1824 avec une histoire particulière. À la fin du XVIIIe siècle, en effet, partout en Europe, les collections royales des différents États étaient nationalisées : ainsi, par exemple, la collection royale française fut à l’origine du Louvre. Les souverains anglais ne suivirent pas cette tendance et préférèrent garder la pleine propriété de leur collection. Cependant, intellectuels et politiques ressentirent le besoin de constituer une collection qui puisse servir à éduquer la population. L’occasion fut donnée par l’acquisition, par le gouvernement anglais, de trente-huit peintures des héritiers de l’entrepreneur John Julius Angerstein. À partir de là, la collection s’est étendue pour compter, de nos jours, environ 2 300 œuvres.

Pour construire le musée, on choisit Trafalgar Square : alors qu’il aurait été plus fonctionnel de situer le bâtiment dans le pôle muséal de South Kensington, le choix d’exposer la collection à proximité des centres de pouvoir (Buckingham Palace et le Parlement) a un sens politique précis. Cependant, l’espace a toujours été limité, et le bâtiment a subi plusieurs modifications, en cohérence avec l’agrandissement de la collection. La dernière extension est la Sainsbury Wing, d’où commence notre visite.

Bataille de San Romano de Paolo Uccello

La peinture religieuse est le sujet principal des premières salles, et dans ce contexte Paolo Uccello, avec sa Bataille de San Romano, constitue une exception. Il s’agit en effet d’une œuvre destinée à une commande de la bourgeoisie marchande florentine du XVe siècle. Le tableau faisait partie d’une série de trois peintures (les deux autres sont exposées au Louvre et aux Offices) où, plus que représenter traditionnellement la bataille, on veut mettre en valeur la victoire de Florence et la figure du chef de guerre Niccolò da Tolentino. Ce qui caractérise l’art de Paolo Uccello est la recherche sur la perspective, qui avait été découverte par les artistes à cette époque et qui est ici expérimentée avec la grille des lances brisées au sol.

La bataille de San Romano de Uccello - Photo National Gallery Londres
La bataille de San Romano de Uccello – Photo National Gallery Londres

Le Baptême du Christ de Piero della Francesca

La Salle 61 est dédiée à deux grands maîtres du XVe siècle : Raphaël et Piero della Francesca, dont Raphaël lui-même admirait la grande capacité d’intégrer les rythmes géométriques à la nature. Ce n’est pas un hasard si Piero della Francesca était aussi mathématicien. Le Baptême du Christ est la plus ancienne des rares œuvres survivantes de cet artiste. Dans cette œuvre, les principes mathématiques sont utilisés à la fois pour équilibrer harmonieusement la composition et pour créer des effets perspectifs. Le paysage dans lequel la scène est insérée est celui de Borgo Sansepolcro, où l’œuvre était destinée : ainsi, les spectateurs étaient directement impliqués dans l’épisode évangélique.

Le Baptême du Christ de Piero della Francesca - Photo National Gallery Londres
Le Baptême du Christ de Piero della Francesca – Photo National Gallery Londres

Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck

Parmi les œuvres étrangères de cette période, se distingue le célèbre Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck, première œuvre hollandaise acquise par la National Gallery. C’est un tableau énigmatique, qui montre la richesse du couple, mais sans trop de prétention. L’élément le plus mystérieux est l’image reflétée dans le miroir, où l’on voit deux hommes entrant dans la pièce. La présence, au-dessus du miroir, de l’inscription « Jan Van Eyck est passé ici. 1443 » peut laisser penser que les deux hommes sont justement le peintre et son assistant.

Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck - Photo National Gallery Londres
Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck – Photo National Gallery Londres

La Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci

Le parcours dans la Sainsbury Wing se termine, dans la Salle 66, par la célèbre Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci. L’œuvre avait été commandée par la famille Sforza de Milan à un moment où il y avait un débat vif sur l’Immaculée Conception. Les partisans de cette doctrine affirmaient que Marie avait été créée par Dieu avant la création du monde et donc avant le péché originel. D’où le choix d’un paysage primitif, fait de roches seules, où même les quelques fleurs présentes n’existent pas dans la nature, elles sont inventées. Dans ce tableau, de plus, Léonard applique ses études sur la perspective aérienne et sur les différences de perception des couleurs selon la distance de l’observateur.

La Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci - Photo National Gallery Londres
La Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci – Photo National Gallery Londres

Le XVIe siècle est le siècle de la Réforme luthérienne, qui dans les pays germaniques entraîna une réduction drastique de la peinture à sujets religieux et une augmentation conséquente des portraits.

Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune

Ainsi, Hans Holbein le Jeune s’installa à Londres pour devenir le peintre de cour d’Henri VIII. À la National Gallery est conservé le célèbre tableau des Ambassadeurs : il s’agit d’un double portrait de l’ambassadeur de France Dinteville et de l’évêque de Lavaur. Le tableau est rempli de symboles liés à la politique et à la religion, représentés par les objets posés sur la table. Les images de cette époque portaient souvent des messages plus ou moins explicites sur la fragilité de la vie. Ici, le memento mori est représenté par le dessin étrange en bas où, en regardant du côté droit, apparaît un crâne.

Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune - Photo National Gallery Londres
Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune – Photo National Gallery Londres

Le XVIe siècle est un grand siècle pour l’art italien. La cour papale permettra à Michel-Ange et Raphaël de développer leur art magnifique. Mais aussi des villes comme Venise, Ferrare et Bologne furent des foyers d’artistes importants. Titien en est un, et il est présent à la National Gallery avec de nombreuses œuvres, dont Bacchus et Ariane. Le tableau représente le moment de l’amour entre les deux personnages, avec Ariane récemment abandonnée à Naxos et Bacchus de retour d’Inde, accompagné de sa cour bigarrée. La maîtrise de l’usage des meilleurs pigments disponibles à l’époque et la narration de la composition en ont fait une œuvre très célèbre, modèle de nombreuses autres ayant le même sujet.

Bacchus et Ariane de Titien

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