Bristol | Que voir à Bristol : lieux d’intérêt ⋆ FullTravel.it

Que voir à Bristol et que faire : visite de la ville anglaise, entre musique et street art

À la découverte de Bristol, ville anglaise animée, depuis des siècles centre d’échanges et de commerces et berceau d’une culture underground célébrée dans le monde entier. Visite de la ville anglaise, entre musique et street art.

Bristol - Foto di David Harper
Maria Ilaria Mura
13 Min Read

Bristol est la ville la plus importante du Sud-Ouest de l’Angleterre. Elle donne sur l’estuaire de la rivière Avon, à un endroit où la rivière et la mer ne font qu’un. Son port a été, au fil des siècles, le point central de l’histoire et de la culture de la ville.

Bristol : lieux d’intérêt de la ville anglaise

Le port de Bristol

Du port de Bristol partit en 1497 Giovanni Caboto en direction du Nouveau Monde et, bien qu’il pensât être arrivé à l’extrémité nord-est de l’Asie, il fut le premier à découvrir le Canada, marquant ainsi le début de l’activité coloniale anglaise en Amérique du Nord. Henri VII, promoteur des expéditions de Caboto, posa les bases pour transformer Bristol en port monopolistique, concentrant sur la ville toute la richesse issue des relations commerciales, malheureusement aussi de celles moralement inacceptables, entre l’Angleterre et le Nouveau Monde.

Au départ, les trafics se faisaient principalement avec l’Espagne et ses colonies. Avec le développement des colonies anglaises en Amérique du Nord dès le XVIIe siècle, Bristol joua un rôle crucial dans la traite des esclaves. Le commerce suivait une triangulation : les biens produits en Angleterre étaient envoyés en Afrique de l’Ouest et échangés contre des esclaves. Les esclaves étaient transportés et vendus en Amérique du Nord ; là, les navires chargeaient les produits des plantations (tabac, sucre et coton) pour les ramener à Bristol et recommencer le cycle.

Par le port, à partir du début du XXe siècle, sont également arrivés les migrants qui constituent une part intégrante de la population. Selon les dernières données démographiques, 16 % de la population appartiennent à des groupes ethniques noirs ou minoritaires. Parmi eux, les plus représentés sont ceux d’origine africaine et jamaïcaine. L’union de la culture musicale des migrants avec celle anglaise a créé des genres originaux “made in Bristol” qui se sont diffusés dans le monde entier.

Ainsi, que l’on veuille visiter Bristol de manière traditionnelle, ou la découvrir à travers sa culture underground, le port reste toujours le principal point de référence, réel ou symbolique.

Port de Bristol - Photo de David Harper
Port de Bristol – Photo de David Harper

Les œuvres de Brunel

À Bristol, tout lieu touristique important expose des photographies ou illustrations des deux symboles de la ville : le navire Great Britain et le pont suspendu de Clifton. Tous deux sont l’œuvre de Isambard Kingdom Brunel, l’ingénieur civil génial surtout connu pour le premier tunnel sous la Tamise.

La Great Britain, mise à l’eau en 1845 et actuellement transformée en navire-musée, domine le port de Bristol. Avec ses 98 mètres, elle fut pendant neuf ans le plus long navire de passagers du monde. Elle était destinée à la route transatlantique Liverpool-New York qu’elle parcourait en moyenne en quatorze jours. Brunel, qui avait déjà travaillé avec succès à Bristol sur la Great Western, avait décidé d’appliquer à ce navire deux innovations technologiques : la coque en fer au lieu de la coque traditionnelle en bois, et la propulsion par hélice au lieu de la roue à aubes.

L’étude et l’application de ces deux solutions sur un navire de cette taille entraînèrent un retard d’environ 5 ans par rapport à la date prévue de mise à l’eau, compromettant la viabilité financière de l’entreprise. S’y ajoutèrent quelques réparations coûteuses dues à des accidents de navigation. Le navire fut donc vendu l’année suivant sa mise à l’eau et changea de fonction, devenant un navire de transport d’émigrants vers l’Australie, concomitamment à la découverte de l’or dans l’État de Victoria. Après avoir été entièrement converti en navire à voile, il fut utilisé pour transporter du charbon puis comme navire de stockage et de quarantaine, jusqu’à son naufrage délibéré en 1937 près des îles Falkland. En 1970 commença une action titanesque de récupération et de restauration qui permet aujourd’hui de le visiter et de le découvrir dans toutes ses parties dans le même bassin de radoub où il a été construit.

La proue de la Great Britain, Bristol - Photo de Ian Kelsall
La proue de la Great Britain, Bristol – Photo de Ian Kelsall

Le pont suspendu relie Clifton, une banlieue à l’extérieur de Bristol, à Leigh Woods dans le North Somerset. Si l’on suit le chemin piéton et cyclable qui longe la rivière, du port vers l’extérieur de Bristol, lorsque le paysage devient colline, le pont apparaîtra soudain devant nous, nous laissant agréablement surpris avec ses 75 mètres de hauteur et 412 mètres de longueur. Le projet initial, comme dit, est de Brunel mais fut retravaillé et achevé en 1864, cinq ans après sa mort, par William Henry Barlow et John Hawkshaw. Si le projet de Brunel avait été suivi à la lettre, nous verrions maintenant au sommet de l’une des tours dix sphinx, une décoration très populaire à cette époque.

Le pont suspendu de Clifton, Bristol - Photo de Dean Moriarty
Le pont suspendu de Clifton, Bristol – Photo de Dean Moriarty

Les warehouses

De la florissante activité commerciale de Bristol subsistent les warehouses, les entrepôts de stockage des marchandises. Certains ont subi des transformations et, grâce à leur nouvelle fonction, ont contribué à préserver la zone portuaire de la dégradation. La Bush House, datant de la moitié du XIXe siècle, originellement un entrepôt pour le thé, accueille actuellement l’Arnolfini, un centre international d’art avec un riche programme d’expositions, performances, cinéma et conférences. Le Watershed Media Centre, avec ses trois cinémas et son centre de production multimédia, occupe les E et le W Shed de Canon’s Road. L’Arnolfini, du point de vue architectural, fut le premier exemple du Bristol Byzantine style, un style particulier à cette ville développé entre 1850 et 1880 et utilisé principalement pour les warehouses et bâtiments industriels. Il est caractérisé par des influences byzantines et mauresques, l’usage d’arcs et de pierres de différentes couleurs, principalement rouges, jaunes, blanches et noires. Bien que beaucoup de bâtiments dans ce style n’existent plus, il en reste quelques exemples remarquables, tant dans la zone portuaire que dans d’autres parties de la ville, comme le Granary, le Robinson’s Warehouse, le bâtiment du 35 King Street et le Clarks Wood Company Warehouse.

Warehouse le long des canaux de Bristol – Photo de David Harper

La scène musicale de Bristol

Bristol est une ville avec une scène musicale très vivante où il est facile de trouver chaque soir un choix de concerts live et de club nights de qualité. Certains lieux sont presque légendaires, comme le Thekla, « party boat » amarré au port, ou le Motion, le plus grand club de Bristol aménagé dans un ancien skatepark proche de la gare de Temple Meads. Mais il y a aussi de très nombreux pubs et bars, comme le Canteen, qui offrent d’excellentes musiques live.

Tout cela ne naît pas de rien, mais est le résultat d’un vif ferment culturel commencé il y a environ un demi-siècle. La scène underground de Bristol a été largement influencée par la composante ethnique caribéenne de la population locale qui introduisit en Angleterre dans les années 70 la culture du sound system : il s’agit de performances musicales improvisées conduites par des DJ et MC dans la rue, dans des entrepôts désaffectés ou dans des clubs. La police avait l’habitude de faire irruption et de saisir les équipements. Cela provoqua une montée des tensions sociales, alimentées aussi par un usage massif par la police de fouilles arbitraires surtout envers les personnes de couleur. Tout cela aboutit, en 1980, à l’émeute de St Pauls, qui se termina par 130 arrestations et 25 hospitalisations. Depuis, une plus grande tolérance exista et les équipements ne furent plus saisis.

Le sens des sound systems ne se réduit pas à de simples fêtes non autorisées : pour les Jamaïcains c’était une manière de maintenir dans la terre où ils avaient émigré un lien avec leurs racines. La musique, ensuite, était un moyen de faire entendre leur voix sur les thèmes du malaise social, mais aussi de propager des messages pacifistes.

L’originalité déterminait le succès des différents sound systems. Avec le temps, on ne se limitait plus à jouer du reggae, hip hop et funk, mais on samplait et remixait ces musiques pour créer quelque chose de nouveau. Quand les nouveaux morceaux avaient des breakbeat très rapides et une forte présence de basses, on avait le drum’n’bass. Quand le rythme était lent et le son enrichi de sonorités électroniques suspendues et rêveuses, on avait le trip hop. Ces deux genres sont nés à Bristol et certains de leurs représentants (Massive Attack, Portishead, Tricky et Roni Size), partis des clubs locaux, sont ensuite devenus des stars internationales.

Banksy et le street art

La musique a toujours entretenu un lien étroit avec l’art, notamment le street art, qui est souvent un vecteur de messages politiques et sociaux. Robert Del Naja des Massive Attack était très actif aussi en tant que graffeur. Mais le nom le plus célèbre est celui de Banksy, le célèbre artiste dont l’identité reste inconnue, bien qu’une hypothèse soit qu’il s’agisse du même Del Naja.

Malheureusement, beaucoup d’œuvres de Banksy ne sont plus visibles, et certaines ne sont plus à leur emplacement d’origine (comme « The Grim Reaper », qui, de la coque du Thekla, a été déplacé au musée M-Shed). Il en reste néanmoins quelques-unes très significatives, comme « La fille au boucle d’oreille » dans la zone portuaire, où la boucle d’oreille est l’unité extérieure d’un système d’alarme ; « L’amant bien pendu » rue Frogmore, sur le mur d’une clinique pour troubles sexuels ; « Mild, mild West », près du The Canteen, avec un ourson lançant une cocktail Molotov aux policiers ; ou enfin le graffiti de Saint Valentin, à Barton Hill, où l’artiste a passé une bonne partie de sa jeunesse.

Beaucoup d’œuvres de Banksy sont site-specific, c’est-à-dire conçues spécialement pour un lieu qui renforce leur signification. Dans certains cas, c’est comme si les graffitis de Bristol voulaient ajouter une couche à des murs construits avec l’argent tiré du commerce des esclaves et voulaient poser des questions à ceux d’entre nous qui marchent dans la rue. L’épisode récent de la statue du marchand d’esclaves Edward Colston jetée dans le port est le résultat de ce questionnement constant. Et, une fois de plus, on trouve l’origine et la réponse au port.

Street art à Bristol - Photo de Bob Morgan
Street art à Bristol – Photo de Bob Morgan

TAGGED:
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *