Un itinéraire de voyage à travers des villages côtiers entre baies et criques rocheuses, entrecoupées d’estuaires fluviaux, lagunes et marées, plages de sable et ports naturels. Un parcours au plus près de l’Océan, entre la nature plongeant dans quatre cents ans d’histoire, dans l’estuaire au nord de Boston, entre palourdes, cormorans, marées et “country art”.
Vues à couper le souffle face à l’Atlantique
Le long de la route menant vers le nord, depuis la capitale du Massachusetts, aux États-Unis, se succèdent des vues à couper le souffle donnant sur l’Atlantique, pour Rudyard Kipling la côte des Capitaines Courageux. Le patrimoine de cette région se compose d’histoire, de culture et d’économie.
Salem, connue dans le monde entier comme le seul lieu de chasse aux sorcières du XVIIe siècle en Amérique et, au XIXe siècle, premier port américain à entretenir des relations commerciales avec la Chine.
Gloucester, premier port de pêche né en Amérique et protagoniste des Maximus Poems du grand poète américain Charles Olson, ainsi que cadre d’une histoire vraie racontée en 1997 par Sebastian Junger dans le livre La Tempête Parfaite puis adaptée en film en 2000.
Beverly, petite ville résidence de l’écrivain John Updike et Manchester-by-the-Sea qui devient un film dramatique éponyme réalisé par Kenneth Lonergan, offrant l’Oscar du meilleur acteur à Casey Affleck. Cette côte est, à quelques kilomètres au nord de Boston, a été l’une des premières destinations de villégiature pour les familles américaines aisées, visitée par princes et présidents.
Essex
Parmi les vingt villages côtiers, Essex– à 53 km de Boston – avec ses presque quatre cents ans d’histoire, est un monde à lui seul, plein de charme, nature, traditions séculaires, adapté à ceux qui cherchent la magie de la lenteur et le battement de la tradition hors des sentiers touristiques. Il repose entre les lagunes saumâtres qui entourent la rivière Essex, qui se jette dans la mer dans la Essex Bay avec la voisine Castle Neck River et plusieurs ruisseaux, Walker Creek, Hardys Creek et Soginese Creek, formant un magnifique estuaire. La terre ferme repose sur l’eau ; quelques collines caractérisent le paysage. Ici, où la ville rencontre la rivière, se trouve le Essex River Cultural District géographiquement sensible et compact, méandre entre anciens cimetières, chantiers navals et marinas historiques, petits restaurants, boutiques d’antiquités.

Shipbuilding Museum
De son littoral s’ouvrent des vues sur le chantier naval Burnham’s Shipyard, la Essex Historical Society et le Shipbuilding Museum, qui abrite une importante collection d’antiquités maritimes, colonne vertébrale de la riche histoire d’Essex. Puis la vue s’étend sur la rivière Essex avec ses limites de lagunes saumâtres, au-delà de l’horizon vers Hog Island et la vaste plage de Crane Beach. Des îlots de parcs ponctuent les petites rues avec des bancs conçus pour se détendre et profiter des panoramas. C’est un tissu dynamique et actif entre histoire et rivière qui invite à explorer et toucher ce patrimoine si jalousement préservé.
Essex Shipbuilding Museum
La tradition des chantiers navals est encore vivante : le Essex Shipbuilding Museum raconte l’histoire extraordinaire d’un petit village de la Nouvelle-Angleterre qui a construit plus de goélettes de pêche à deux mâts en bois que partout ailleurs dans le monde. Le musée se trouve dans l’ancienne Essex Central School House de 1835, adjacente à un terrain réservé en 1668 à un chantier naval, partie intégrante de la personnalité historique du village. Plus de 7000 sont les rares objets, photographies, outils, documents, maquettes, y compris la goélette Evelina M. Goulart. De nombreux objets ont été trouvés dans les greniers, caves et remises d’Essex.
Essex commence avec les palourdes et la pêche à la palourde : une vraie industrie. Ce mélange d’eaux saumâtres entre rivière et océan est l’un des terrains les plus fertiles pour les palourdes. La révolution industrielle n’a apporté aucune facilité à la pêche : pour avoir de bonnes palourdes, il faut mettre les mains dans la boue et travailler au râteau ! Il n’existe pas encore de version propre et facile à recycler et emballer.
Palourdes frites ou vapeur
Essex a fait du poisson frais un de ses points forts et ce n’est pas un hasard si ses palourdes frites ont été inventées ici même en 1916 par Woodman’s. L’un des meilleurs plats de palourdes frites avec vue sur la lagune et observation de la faune est J.T. Farnham’s. Frites ou vapeur, chaque restaurant les sert selon sa propre recette. Le Essex ClamFest annuel en octobre célèbre leur renommée en associant art et artisanat, musique et divertissement, complétant la fête par la Clam Chowder Tasting, où les restaurateurs locaux s’affrontent pour désigner la meilleure soupe de palourdes du Cape Ann.

America’s Antique Capital
Essex est aussi considérée comme America’s Antique Capital avec plus d’une trentaine de boutiques d’antiquités dans un rayon de 2 km : un paradis pour les collectionneurs et décorateurs d’intérieur ; art, mobilier, accessoires trouvent place dans des bâtiments anciens, côte à côte. Beaucoup sont à quelques pas des restaurants : on fouille dans une ou deux boutiques, puis on se rafraîchit avec une bière locale et un en-cas. Ripple, Shea’s Riverside, Riversbend et C.K. Pearl ont tous une terrasse extérieure donnant sur la rivière Essex. La vue sur l’eau et les lagunes est incomparable : des panoramas fantastiques rythment un repas de poisson frais, de mollusques et un mélange éclectique de plats de la Nouvelle-Angleterre, au rythme des marées en attendant un coucher de soleil spectaculaire. Ces lieux nous reconnectent à la nature et aux nombreuses espèces d’oiseaux fréquentant les lagunes saumâtres.
Le long de la rivière Essex
Il existe plusieurs façons d’explorer la rivière Essex : glisser par exemple sur l’eau lors d’une excursion en kayak guidée par un expert local qui signale aussi les lieux où de nombreux films hollywoodiens ont été tournés. On peut faire du paddleboard dans le mosaïque de l’estuaire, à travers les prairies de marais salés, les criques de marée et les estuaires du Grand Marais. ERBA est une organisation experte en sorties fluviales en kayak guidées pour tous les niveaux. Elle explore les eaux protégées du bassin fluvial de la rivière Essex et de la côte nord du Massachusetts, qui offrent une grande diversité environnementale avec des kilomètres d’estuaires, d’îlots, de faune, de plages et de dunes. On peut nager ou apercevoir un faucon, un héron, une aigrette. Dans ces eaux, le bar rayé est une proie favorite pour les bateaux de pêche locaux.
Sinon, on peut opter pour une bonne heure et demie de promenade commentée en bateau, en passant par des fermes, élevages lagunaires et chantiers navals historiques. On voit la pêche au homard, aux palourdes, au poisson. On découvre des îles, des plages-barrières, des dunes de sable, des rivières sinueuses et la faune sauvage. Essex River Cruises & Charters propose régulièrement plusieurs excursions commentées, sept jours sur sept, de mai à fin octobre à l’intérieur de l’estuaire de marée, dans une baie protégée.

Fall Foliage
Parmi les différentes excursions, celles d’automne Fall Foliage Cider & Donut Cruises s’approchent de Hog Island pour admirer la magnifique forêt de sapins rouges. On observe le changement de couleur du feuillage en jaune et orange vif, en sirotant du cidre chaud et des donuts aux pommes de la Russell Orchard d’Ipswich. C’est une belle occasion de célébrer le spectaculaire fall foliage de la Nouvelle-Angleterre. Dans cette nature apparemment silencieuse, une vitalité faunistique exceptionnelle est présente. Les aigrettes sont des oiseaux très communs, un type de héron de petite taille aux pattes sombres qui séjourne dans les lagunes d’eau douce et salée pour se nourrir de poisson, tout comme le balbuzard pêcheur, souvent appelé faucon de mer et de rivière. Le cygne, créature grande et gracieuse avec une large envergure; le héron bleu qui aide à contrôler la population d’insectes et peut aussi nager en profondeur.
Et le cormoran souvent perché sur la côte avec ses larges ailes ouvertes à la Batman, pour sécher ses plumes si peu huileuses et les rendre légères pour plonger à la pêche. On ne manque pas les phoques – harbor seal – qui passent la moitié du temps sur la rive et l’autre moitié dans l’eau. La réserve naturelle Stavros Reservation protège à Essex plus de 20 hectares de terres de marais d’eau salée, dont Whites Hill est un promontoire côtier offrant une vue ininterrompue sur Crane Beach, la Crane Wildlife Refuge et Halibut Point. Le sommet de Whites Hill est un lieu excellent pour observer hérons et rapaces dans le vaste marais salé, surtout avec une longue-vue. Beaucoup d’hérons utilisent les marais d’Essex pour se nourrir pendant leur voyage vers et depuis leurs colonies de nidification sur des îles éloignées. La colline attire aussi des oiseaux chanteurs en migration.

Ferme coloniale : Cogswell’s Grant
Une belle ferme de l’époque coloniale est le domaine Cogswell’s Grant, encore aujourd’hui une ferme en activité et maison-musée historique, ainsi que résidence d’été de Bertram K. et Nina Fletcher Little, importants collectionneurs d’arts décoratifs américains au milieu du XXe siècle. Cogswell’s Grant est une ferme côtière de 66 hectares située le long des rives de la rivière Essex, à seulement deux miles à l’intérieur des terres de l’océan Atlantique. Étant l’une des plus grandes propriétés foncières restantes dans la ville d’Essex, née comme concession foncière du XVIIe siècle, et avec des caractéristiques paysagères existantes sur la propriété datant de chacune de ses périodes de propriété, il s’agit d’un paysage agricole historique extrêmement significatif.
Cette maison est devenue idéale pour la vaste collection de “country art” des Little tout en offrant un refuge idyllique entouré de campagne où le couple pouvait se détendre et recevoir des invités. Étudier et restaurer les finitions intérieures de la maison a été une partie importante du processus de restauration. Le travail du bois et les finitions avaient tous été peints en blanc à la fin du XIXe siècle, et on trouvait des papiers peints victoriens dans toute la maison.

Au fil des années, Cogswell’s Grant est devenu un refuge spécial pour les Little et leurs trois enfants, Jack, Warren et Selina. Leur vie à la ferme a été documentée par une série d’albums de coupures contenant photos et notes d’activités agricoles et rencontres, animaux préférés, événements spéciaux et voitures anciennes rassemblées par Jack. C’était aussi un centre d’étude et de recherche, car les Little avaient un large cercle d’amis, collègues collectionneurs, commerçants et universitaires avec qui ils partageaient avec enthousiasme leurs collections et échangeaient des informations.
Cogswell’s Grant était plus qu’une simple maison d’été pour la famille Little et un cadre historique superbe pour leurs collections toujours croissantes, c’était aussi une ferme familiale, gérée par des gardiens toute l’année produisant des denrées alimentaires pour la consommation des Little. On élevait vaches, moutons, cochons et poulets, on vendait lait et œufs. Légumes et fruits venaient d’un grand jardin derrière la maison, ensuite conservés pour approvisionner la famille Little en produits agricoles toute l’année. Les gardiens livraient conserves, viandes surgelées et œufs frais tout l’hiver à la maison des Little à Brookline, Massachusetts, et les Little aimaient dire fièrement à leurs invités que tout avait été produit dans leur ferme d’Essex.
En 1998, Cogswell’s Grant ouvrit au public et devint le seul endroit aux États-Unis où une collection aussi importante et pionnière d’art populaire américain pouvait être vue dans l’environnement domestique pour lequel elle avait été assemblée. Les objets sont disposés comme durant la vie domestique des Little de façon confortable et naturelle, comme dans la maison d’origine. Cogswell’s Grant est toujours une ferme, qui honore presque quatre siècles de cette tradition, et maintient vivante une partie importante de la vie de la famille Little. Depuis son ouverture au public, collectionneurs, chercheurs et passionnés d’arts décoratifs affluent au musée pour apprécier la rareté et la qualité de la collection, entamant un nouveau chapitre pour la maison, expérimentant de première main la passion de Little pour la collecte et le partage de ses collections.
©Thema Nuovi Mondi

