Himera, parc archéologique de Termini Imerese en Sicile ⋆ FullTravel.it

Himera, parc archéologique de Termini Imerese en Sicile

Fondée en 648 av. J.-C. par des Grecs d’origine chalcidienne et dorienne, Himera occupe une position particulièrement favorable au développement d’une colonie grecque, au centre d’un large golfe, entre les promontoires de Cefalù et de Termini Imerese, et à proximité de l’embouchure du fleuve Himera septentrional, voie de communication importante vers la Sicile centrale.

Tempio Vittoria Himera, Termini Imerese - Foto Salvatore Ficarra
Antonio Camera
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La ville connut un développement urbain et démographique rapide, documenté par les grands aménagements urbains réalisés à partir de la première moitié du VIe siècle av. J.-C. et par la monumentalisation du sanctuaire d’Athéna dans la partie haute de la polis. Une inscription découverte à Samos rappelle des moments de tension avec les populations indigènes sikanes de l’intérieur des terres, des différends qui ont probablement contraint les habitants d’Himère, vers le milieu du VIe siècle av. J.-C., à demander de l’aide à Phalaris, tyran d’Agrigente.

Les relations avec les Carthaginois des villes voisines de Palerme et Solonte ne furent pas toujours pacifiques non plus. Au début du Ve siècle av. J.-C., le tyran Terillos, expulsé de la ville avec l’aide de Thrasydaïos, tyran d’Agrigente, réfugié à Régium, sollicita l’aide des Carthaginois, qui envoyèrent en Sicile une puissante armée.

Une coalition de Grecs de Sicile affronta victorieusement les Carthaginois lors d’une bataille épique, livrée sous les murs d’Himera en 480 av. J.-C., à l’issue de laquelle fut édifié dans la ville basse le Temple de la Victoire. Dans les années suivantes, la ville resta sous le contrôle politique de Thrasydaïos, qui favorisa la repeuplement par des peuples doriques.

Les Himérins retrouvèrent rapidement leur indépendance d’Agrigente et ne furent pas impliqués dans des épisodes majeurs de l’histoire de l’île jusqu’en 415 av. J.-C., lorsque des contingents himérins prirent part à la bataille de l’Assinaros, aux côtés de Syracuse contre les Athéniens. C’est à la fin du Ve siècle que le destin d’Himera se joue : en 409 av. J.-C., lors d’un nouvel affrontement avec les Carthaginois, la ville fut détruite.

La population connut des sorts divers : certains se dispersèrent dans les campagnes, d’autres participèrent avec les Carthaginois à la fondation de Thermae Himeraeae (Termini Imerese) ; un petit groupe continua probablement à vivre sur le site de la polis, comme en témoignent les restes d’habitations construites sur les couches de destruction de la ville.

Himera se targuait parmi ses citoyens d’hommes illustres tels que le poète lyrique Stésichore et plusieurs athlètes vainqueurs des Jeux Olympiques.
Le site fut habité aux époques suivantes, romaine et médiévale : une villa romaine fut bâtie dans la partie la plus occidentale de la ville grecque, tandis qu’autour des ruines du temple de la Victoire, à l’époque normande, un hameau (Odesver) fut érigé.

L’habitat et les nécropoles

L’organisation de la ville est un des aspects les plus intéressants du monde colonial grec, auquel Himera apporte une contribution notable. Nous savons peu sur la première phase de vie (milieu du VIIe – début du VIe siècle av. J.-C.) ; durant la première moitié du VIe siècle av. J.-C., deux plans urbains réguliers distincts furent conçus, caractérisés par des rues orthogonales qui structuraient les îlots, orientés selon un axe Nord-Sud dans la plaine, dans la ville basse, et selon un axe Est-Ouest dans l’habitat de la colline, la ville haute. Un espace privilégié était réservé aux sanctuaires.

Le plus célèbre, le Temenos d’Athéna, occupe la partie nord-est de la ville haute, tandis qu’un grand sanctuaire dans la ville basse comprenait le Temple de la Victoire. À l’intérieur du tissu urbain se trouvaient également de petits sanctuaires de quartier. L’ensemble de la zone urbaine était défendu par une enceinte fortifiée.

Les nécropoles étaient situées le long des principaux axes de sortie. La nécropole orientale, bien connue, se trouve près de la plage, à l’est du fleuve Himéra, dans la contrée de Pestavecchia. La nécropole sud est située en localité Scacciapidocchi, près de la route vers l’intérieur des terres ; à l’ouest, deux zones de nécropoles sont connues : aux pieds du Piano del Tamburino et dans la plaine de Buonfornello.

L’Antiquarium

Réalisé selon un projet de Franco Minissi, l’Antiquarium fut inauguré en 1984 ; fermé quelques années pour travaux de restructuration, il fut définitivement rouvert au public en 2001. Il conserve les pièces les plus notables découvertes lors des fouilles d’Himera et d’autres sites du territoire de la polis.

L’espace d’exposition, réparti sur plusieurs niveaux reliés par des rampes, se développe selon un itinéraire qui revisite les principales problématiques historiques et culturelles de la colonie grecque et de son territoire. Dans la salle d’entrée des panneaux didactiques introduisent à l’histoire et à la topographie du site, tandis qu’une zone d’exposition est dédiée à une gouttière en forme de tête de lion du Temple de la Victoire et au médailler.

La visite se poursuit au « niveau supérieur » où sont exposés des éléments architecturaux et des offrandes votives du Temenos d’Athéna, sur la ville haute. Le « niveau central » est consacré aux objets de la « culture matérielle » issus des fouilles menées dans différents secteurs de l’habitat. Le « niveau inférieur » accueille une sélection de vases et d’ensembles funéraires provenant des nécropoles ; une section est dédiée à d’importants sites du territoire comme Terravecchia di Cuti, Monte Riparato, Mura Pregne/Brucato, Cefalù ainsi qu’à une exposition de pièces subaquatiques. La visite se conclut par la mosaïque polychrome, de tradition africaine, découverte dans la villa romaine de Settefrati, située sur une falaise en bord de mer à l’ouest de Cefalù.

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