Le complexe date de la seconde moitié du XIVe siècle, par la volonté du comte Giacomo Arcucci, Grand Chambellan de la reine Jeanne Ire d’Anjou, comme en témoigne la précieuse fresque qui surmonte le portail d’accès à l’église, datable d’environ 1371 et réalisée par le peintre florentin Niccolò di Tommaso. Dans la fresque sont représentés la Vierge en trône avec l’Enfant, le comte Giacomo Arcucci, la reine Jeanne Ire ainsi que les saints Jacques et Jean Baptiste. Le plan du monastère suit des règles canoniques précises : “maison haute” ou couvent de clausure et “maison basse” avec les locaux de service. Aujourd’hui, la Chartreuse présente une stratification d’interventions souvent superposées, transformant également le bâtiment préexistant. La Chartreuse de San Giacomo se distingue par ses volumes généreux, à la simplicité formelle évidente, dépourvue de stuc et caractérisée par la plasticité des structures murales et de ses couvertures, formées par des voûtes surbaissées. Suite aux incursions pirates, la Chartreuse subit de lourds dommages et, à partir de 1563, fit l’objet d’importants travaux de restauration, comme l’atteste le grand cloître de style maniériste tardif. Au XVIIe siècle furent édifiés le Quartier du Prieur et la Pharmacie. En 1808, la Chartreuse fut supprimée et ses biens confisqués. En 1815, elle fut destinée à une caserne, puis devint hospice pour invalides et, après 1860 jusqu’en 1898, fut le siège de la Ve Compagnie de discipline, composée d’anarchistes et de militaires indisciplinés. Le dernier acte, qui influença grandement la dégradation future du complexe, fut lors de l’Unité d’Italie, lorsque les biens et revenus des moines chartreux de Capri furent cédés à l’église d’Ischia. Un projet global de restauration débuta en 1927, avec le Surintendant Gino Chierici, qui mit au jour les structures originelles du XIVe siècle. Récemment, la Chartreuse a fait l’objet d’un restaurations et d’une modernisation des installations par la Surintendance des Biens Architecturaux et Paysagers de Naples et de sa province. Dédicacée à Saint Jacques, l’église est le bâtiment le plus élevé et donc dominant l’ensemble de la structure de la Chartreuse, appartenant à la structure originelle du XIVe siècle. Du bas portique voûté, on pénètre dans l’intérieur de l’église à nef unique, divisée en trois travées, composées de demi-piliers et de cintres en arcs cordés, terminées par la séquence suggestive des voûtes sur croisées d’ogives à l’arête vive, aboutissant, au fond de la nef, à une abside semi-circulaire d’époque ultérieure. Dans l’angle interne de l’arc ogival, une colombe, peinte directement sur le marbre, symbolise l’Esprit Saint. Les nefs et le plafond présentent des fragments de fresques du début du XVIIIe siècle. Le grand cloître constitue la partie centrale du noyau appelé “maison haute”, c’est-à-dire l’espace réservé à la clôture, autour duquel sont disposées les douze cellules des moines, réalisé d’après un dessin de Giovanni Antonio Dosio, avec des arcs en plein cintre reposant sur de robustes piliers. Sur l’un des trois côtés de la galerie se trouve l’accès au petit cloître, témoignage du XIVe siècle de la Chartreuse de San Giacomo. Ici, les arcades reposent sur de fins piliers aux chapiteaux faits de spolia d’époque romaine et byzantine, libérés lors de la restauration du Surintendant Gino Chierici. Au-dessus de la galerie qui l’entoure, apparaît la masse baroque de la “tour de l’horloge”, à base carrée, surmontée d’une pointe triangulaire. Situé à droite du grand cloître, le Quartier du Prieur, construit dans la première moitié du XVIIe siècle, est la résidence du guide spirituel de la communauté des chartreux. Autour du grand cloître sont disposées les douze cellules des Pères composées d’un petit bâtiment sur deux niveaux, couvert par une voûte sur croisée d’ogives inversée symbolisant la croix, divisées en : Ave Maria, la chambre où se trouvait une statue de la Vierge, et cubiculum, où s’écoulait la majorité de la vie simple de la clôture. Chaque maison disposait ensuite d’un petit jardin entouré de hauts murs. À l’intérieur de la prestigieuse Chartreuse, le musée fut inauguré en 1974, grâce aux soins du surintendant de l’époque Raffaello Causa. Intitulé au peintre symboliste K. W. Diefenbach (1851–1913) – dont il héberge les peintures laissées depuis sa mort dans certains locaux de la chartreuse – le musée représente l’hommage que Capri souhaita rendre à l’artiste qui y séjourna de 1900 jusqu’à sa mort. Le musée expose de grands tableaux aux sujets variés, dont le symbolisme visionnaire marque fortement l’espace, en le rendant d’une grande intensité émotionnelle pour le visiteur. Des trois cents œuvres réalisées durant les treize années passées à Capri jusqu’à sa mort, une partie fut généreusement donnée à l’État par ses héritiers et il est aujourd’hui possible de visiter la collection comprenant 31 toiles, 5 sculptures en plâtre et un portrait du peintre réalisé par Ettore Ximenes. Le musée conserve également des statues romaines représentant des divinités marines découvertes dans la Grotta Azzurra.
Informations sur la Chartreuse de San Giacomo
Via Certosa
80073 Capri (Naples)
0818376218
[email protected]
https://www.polomusealencampania.beniculturali.it
Source : MIBACT

