Tout près, la monnaie de Rome fut ensuite établie, appelée précisément « Moneta » en raison du fait qu’elle était située 1 Escalier avec colonne construit à côté du temple : d’où le nom “moneta” que nous donnons encore aujourd’hui à l’argent. La Monnaie, probablement reconstruite après l’incendie de 80 ap. J.-C., fut rebâtie au pied du Caelius : ses vestiges ont été reconnus sous la basilique actuelle de Saint Clément. Depuis la place du Capitole, deux escaliers construits selon le projet de Vignole entre 1547 et 1552 mènent respectivement au “Capitolium” et à l’église Santa Maria in Aracoeli.
Au sommet de l’escalier fut placée une colonne avec un chapiteau corinthien et une croix en souvenir du tremblement de terre de 1703 qui provoqua beaucoup d’effroi mais peu de dégâts. On sait peu sur l’origine de Santa Maria in Aracoeli, mais déjà en 880 on mentionne « S. Maria in Capitolio » (la dénomination « in Aracoeli », corruption romaine de l’Arx Capitolina, n’apparut qu’au XIVe siècle) et même elle serait fondée par Grégoire le Grand en 590. Une église de style roman fut sans doute construite au milieu du XIIe siècle avec l’entrée tournée vers l’Asylum, avec la magnifique fresque de la « Vierge et l’Enfant entre deux Anges ».
La réorientation nouvelle fut l’œuvre des Franciscains et la nouvelle église, de style gothique, fut inaugurée en 1348 avec l’escalier. Au Moyen Âge, l’église devint presque le nouveau forum de Rome : Cola di Rienzo y parla au peuple ; Charles d’Anjou y tint un parlement avec les Romains ; les Guelfes de Rome s’y défendirent contre l’empereur Henri VII ; s’y tenaient aussi les élections des Caporioni de la ville. Le caractère civil et religieux fut profané pendant l’occupation française et la République de 1797, lorsque l’église fut désacralisée et transformée en étable.
Elle retrouva son rang à la fin de la période napoléonienne romaine, mais après 1870 elle se retrouva au centre des démolitions pour la construction du Vittoriano et ne dut son salut qu’à grand-peine, alors que furent détruites l’ancienne sacristie, le couvent et la Tour de Paul III qui se dressaient derrière elle. La façade, avec sa grande surface de brique nue, était couverte de mosaïques et fresques, aujourd’hui disparues ; il y avait aussi trois rosaces au-dessus des portails, mais celle du centre, à croix de Jérusalem, fut enlevée sous le pontificat d’Urbain VIII (1623-44) pour insérer une fenêtre avec vitrail coloré, ornée des abeilles des Barberini, que l’on admire encore aujourd’hui.
L’horloge non plus n’existe plus, la première installée à Rome en décembre 1412, œuvre du maître Ludovico de Florence, qui construisit le mécanisme, et du maître Pietro de Milan, qui y plaça la cloche. Le sujet était si important qu’un bureau spécial fut institué, les « moderatores horologii », confié aux frères Domenico et Fabio della Pedacchia.
À l’origine, elle était placée à gauche de la façade, puis au centre et enfin transférée à la façade du Palais Sébastiani en 1806 : jusqu’en 1886 il en restait l’emplacement, aujourd’hui il ne reste plus que le trou. Les 122 colonnes qui divisent l’intérieur de l’église en trois nefs furent récupérées de divers bâtiments antiques : l’inscription sur la troisième colonne à gauche, « a cubicolo Augustorum », ferait penser qu’elle provient de la chambre à coucher de l’empereur sur le Palatin, où se trouvait la maison impériale.
Le plafond, décoré de motifs navals, commémore la victoire de Marcantonio Colonna à la bataille de Lépante en 1571 et fut réalisé sous le pontificat de Grégoire XIII Boncompagni, dont l’écusson familial, le dragon, est visible à l’extrémité de l’autel.
On accède à l’église par un escalier de 124 marches (122 si l’on monte par la droite), inauguré, selon la légende, par le tribun Cola di Rienzo en 1348 et réalisé par Lorenzo di Simone Andreozzi aux frais du peuple romain, en remerciement à la Vierge d’avoir sauvé la ville de la peste : il aurait coûté 5000 florins. L’église est surtout célèbre pour le « Saint Enfant », une sculpture en bois de Monte Oliveto, baptisée dans le fleuve Jourdain, selon la tradition.
Depuis 1591, cette douce légende excite l’enthousiasme du peuple, car l’Enfant possède des pouvoirs miraculeux.

