Le collections de livres, comprenant plusieurs textes pionniers dans l’évolution des disciplines chimiques, ont généralement été transférées à la section d’antiquités de la Bibliothèque attachée à l’actuel Département de Chimie et Chimie Industrielle (Centre de Services Bibliothécaires de Chimie “S. Cannizzaro”).
Une quantité considérable de matériel acquis au cours de plus de 150 ans est constituée d’instruments, verreries, etc., destinés à la fois à la recherche et à l’enseignement. Sont particulièrement intéressants, par exemple, plusieurs petits appareils utilisés pour illustrer, lors des cours, depuis la chaire, le déroulement de certaines expériences cruciales, telles que les appareils utilisés, selon Lavoisier, pour l’analyse de l’air et de l’eau, ou encore pour la mesure à l’état gazeux de la densité d’une substance, et donc de son poids moléculaire.
Au début des années 90, sous la direction de l’Institut de Chimie Générale par le prof. Riccardo Ferro, la restauration, le recouvrement et le rangement de ce matériel ont été initiés. Ce travail a été réalisé principalement par la Prof.sse G. Rambaldi, avec l’aide du technicien M. A. Mori. Un petit volume, publié en 1996 par la même Prof.sse Rambaldi (Instruments de Chimie : un laboratoire du XIXe siècle), décrit le résultat de cette restauration conduite sur un premier groupe important d’instruments et la catalogage qui en a découlé dans une “Collection d’instruments chimiques”.
Ce travail a été rendu possible également grâce à une généreuse contribution de la Région Ligurie, qui, à travers ses bureaux et son personnel compétent, a aussi suggéré la création d’une structure permanente (un “Musée”) pour la conservation des collections et, conjointement avec les autorités académiques, a souhaité sa transformation en un Musée-Laboratoire, c’est-à-dire un musée où les instruments puissent être disposés, connectés entre eux, selon leur fonctionnalité et, si possible, mis en état de fonctionnement. Cette transformation a été officialisée par la création officielle du Musée de la Chimie par le Département de Chimie et Chimie Industrielle par délibération de décembre 1999.
Parmi le matériel de nature diverse existant à l’Institut de Chimie Générale et en cours d’organisation au Musée, deux groupes d’instruments méritent une attention particulière. Un premier groupe remonte à la période de présence de Cannizzaro et se compose de différentes verreries, petits instruments et quelques balances analytiques. Il est intéressant de penser qu’avec ces équipements, certaines des bases fondamentales de la théorie atomique de la matière et plus généralement de la chimie ont été posées.
Un autre groupe d’instruments, que nous signalons volontiers, date des années 30 et comprend des appareils utilisés pour le traitement des minerais et des métaux des éléments des terres rares. L’intérêt a porté sur l’identification, la séparation, la préparation des différents éléments de cette famille.
De grandes quantités de minerais et d’oxydes ont été traitées et certains des métaux purs (lanthane, cérium, praséodyme, néodyme puis samarium) ont été produits en quantités de l’ordre du kilogramme. Parallèlement (avec les professeurs Rolla, Mazza, Iandelli), les bases d’une série de lignes de recherche (chimie des alliages, cristallochimie, magnétrochimie, thermo-chimie) ont été posées, qui se sont développées dans les décennies suivantes et auxquelles on peut rattacher certaines des caractéristiques thématiques de recherche actuellement poursuivies dans diverses sections du Département.
Les équipements utilisés à l’époque, comparables à de petites unités pilotes, comprenaient de nombreuses grandes capsules (jusqu’à 50 litres de capacité) et des brûleurs associés pour dissolution, décantation, cristallisation, précipitation, filtres sous vide, installations pour chauffage en courant de HCl gazeux (pour la préparation de chlorures anhydres), installations pour l’électrolyse à l’état fondu (convertisseurs, fours de fusion, etc.).
Cette installation préparatoire était accompagnée d’une instrumentation analytique également assez exceptionnelle pour l’époque, comprenant plusieurs spectrographes pour le visible et l’UV, ainsi que quelques-uns des premiers équipements commerciaux à rayons X (transformateurs haute tension, tubes générateurs fermés et ouverts et instrumentation associée pour haut vide, spectrographes, chambres pour diffractométrie). Cet ensemble d’instruments est pour l’instant seulement partiellement restauré, en raison également de l’espace important nécessaire pour son exposition fonctionnelle.

