Le jardin des Écuries Royales
Le complexe de la Fabrique des Écuries Royales a été réalisé à l’époque où Florence était capitale, entre 1866 et 1869, afin de répondre à la nécessité pour la cour de disposer d’écuries plus vastes que celles présentes en ville, capables d’accueillir chevaux et logements pour le personnel.
Cette grande zone verte se situe entre les Jardins de Boboli, Via della Pace e del Mascherino, Viale Machiavelli et Porta Romana. On y trouve les bâtiments des Écuries, aujourd’hui siège de l’Institut d’Art, ainsi que les Pagliere, prévues pour devenir le Musée des Arts Figuratifs du XXe siècle. On note également de petits bâtiments comme l’ancienne infirmerie des chevaux et la Mascalcia (maréchalerie), actuellement utilisés comme logements pour le personnel administratif.
La configuration d’origine des Écuries est restée fidèle, avec une rotonde d’accès à la piste, un manège couvert constitué de deux ailes symétriques autour de deux cours, des logements pour le concierge, des espaces pour les chefs écuries en service, la garde des écuries et des appartements pour Sa Majesté.
Le Manège du jardin des Écuries Royales, Florence.
L’esplanade devant les Écuries, appelée Cavallerizza, était étroitement liée au bâtiment et faisait partie intégrante de l’aménagement du jardin. On peut encore lire la connexion d’origine entre la Cavallerizza et l’étage supérieur des Pagliere le long de la rampe, utilisée par les charrettes de foin, mentionnée dans le Plan Géométrique Cadastral du Viale dei Colli tracé par Giuseppe Poggi en 1868, qui désigne la zone des Écuries Royales. La présence de la grille latérale, à droite par rapport à l’entrée depuis l’avenue, est également d’origine.
Après le transfert de la cour à Rome, les écuries perdirent leur fonction première et restèrent inutilisées longtemps. En 1919, le bâtiment principal, ancien manège, fut attribué à l’Institut Royal d’Art pour accueillir sa précieuse collection de plâtres de modèles antiques dans la salle qui servait autrefois de piste au roi.
La zone a été placée sous protection par décret ministériel du 5 novembre 1951 : « Déclaration d’intérêt public notable du territoire des collines au sud de la ville de Florence et à l’est de la via Senese, dans la commune de Florence », reconnaissant ainsi son importance fondamentale pour le paysage local.

Les Pagliere
Le bâtiment des Pagliere est remarquable d’un point de vue architectural et possède une typologie rare à Florence. Il se compose d’un long corps central sur deux niveaux et de deux ailes latérales à trois étages, avec des façades à arcades sur le Viale Machiavelli et sur le jardin de Porta Romana, ornées de grandes fenêtres à grilles en terre cuite.
Le rez-de-chaussée, aujourd’hui compartimenté, était à l’origine un vaste espace unique, destiné aux chevaux, divisé par des piliers et couvert par des voûtes en croisée d’ogives. L’étage, précédé d’une loggia, servait de grenier à foin, aéré par des ouvertures en arc dotées de grilles de terre cuite.
Le sol conserve la trace de la fonction d’origine : de la pierre aux emplacements de passage des charrettes au lieu de la terre cuite. Les ailes latérales étaient réservées au personnel et certaines sont encore habitées par le personnel de la conservation.
Le Bâtiment des Pagliere est resté longtemps inutilisé avant de devenir, dans les années 1930, le Bâtiment des Pagliere.
Lors de l’installation de grandes expositions, les salles à l’étage accueillaient les ateliers de scénographie du Théâtre Municipal, grâce à la vastitude des lieux et à la connexion étroite entre le théâtre et l’école de scénographie, alors réputée en Italie pour la qualité de ses enseignements, notamment en peinture et sculpture décorative.
Entre 1932 et 1950, ce sont ici, aux Pagliere, que furent peintes les toiles monumentales des décors de scène. Des artistes tels que Giorgio de Chirico, Felice Casorati, Gino Severini, Toti Scialoja, Mario Sironi venaient y superviser la réalisation de leurs créations. De 1950 à 1987, le lieu fut utilisé comme entrepôt du théâtre.
L’usage original du bâtiment se devine encore aux grandes fenêtres à grilles de terre cuite et à l’orientation des ailes conçues pour la circulation optimale de l’air, essentielle à la conservation de la paille.
Les façades sud, exposées au soleil, sont protégées par des portiques, tandis que les façades nord, plus hautes, assurent un éclairage et une ventilation maximales.
Informations sur le Jardin des Écuries Royales et Pagliere
Piazzale di Porta Romana, 1 50125 Florence

