Seaside Florida, le village des rêves ⋆ FullTravel.it

Seaside Florida, le village des rêves

« The Truman Show » est l’histoire surréaliste de la vie de Truman Burbank, (interprété par Jim Carrey) l’innocent protagoniste d’un feuilleton télévisé diffusé à son insu 24 heures sur 24. L’histoire se déroule sur l’île de Seahaven, un nom fictif donné au magnifique mais utopique village où habite Truman.

Massimo Vicinanza
7 Min Read

« L’endroit est tellement extraordinaire que ceux qui regardent le film ne croient pas que Seaside puisse exister réellement. En fait, tout le monde pense que le village a été construit entièrement pour l’occasion, naturellement à Hollywood », déclare le producteur du film Edward S. Feldman.
Nous sommes allés découvrir Seaside. Sur la côte nord-ouest de la Floride, presque à la frontière avec l’Alabama, se trouve Pensacola, l’une des nombreuses petites villes américaines riches en lumières, en mégastores, en aquasplash et avec des restaurants en bord de mer où l’on peut manger des homards pour quelques dollars. À une heure de route, vers le sud, se trouve Seaside, un petit village aux couleurs pastel, calme, chaleureux et accueillant. Conçu et construit à taille humaine.

Nous sommes très loin des zones balnéaires surpeuplées de la péninsule. Ici, il n’y a pas beaucoup de tourisme même si le courant chaud du Yucatán réchauffe agréablement la mer et que les plages d’un blanc immaculé garantissent un bronzage enviable pour tous. Le sable des sugar beaches contient un pourcentage élevé de quartz et est tellement blanc qu’il reflète la chaleur et reste frais même sous le soleil brûlant de Floride. Marcher pieds nus sur la plage fraîche et écouter ce bizarre « couinement » provoqué par les petits grains de quartz qui se frottent les uns contre les autres est déjà en soi relaxant. Habiter ensuite à Seaside, dans un cottage en bord de mer, c’est le summum.

À Seaside, il y a de nombreuses maisons au bord de la mer. Toutes sont néanmoins très proches du centre-ville ; un centre avec le bureau de poste, le supermarché, l’église et l’école.

Une solution urbanistique avant-gardiste
La ville a été construite en 1980 sans rien laisser au hasard. Imaginée par Robert Davis, Seaside a été conçue et réalisée par des architectes américains de renommée internationale, dont Elizabeth Plater-Zyberk et Andres Duany de la société DPZ de Miami.

L’abandon lent et continu des métropoles à la recherche de lieux plus vivables mais toujours proches de leur travail s’est révélé, au fil du temps, un mauvais choix. Ces dernières décennies, les Américains, parfois attirés par des solutions d’habitat apparemment alléchantes, d’autres fois poussés par des pouvoirs économiques silencieux, ont fini par vider leurs grandes villes, aujourd’hui réduites à de simples conteneurs d’activités de services et de commerce. Ils les ont vidées pour se retrouver relégués dans des zones anonymes de périphérie lointaine, intrinsèquement liées à l’automobile. Après de nombreuses années de ce phénomène, les architectes les plus avisés ont constaté un timide renversement de tendance. Parmi le grand public a commencé à se répandre un fort besoin d’humanité, sans pour autant vouloir renoncer au bien-être acquis.

On a pensé appliquer de nouveaux critères urbanistiques à ces petits centres très proches des métropoles, qui sont devenus, comme on l’a vu, d’énormes quartiers dortoirs, parfois dégradés et souvent dangereux.
L’idée de revoir donc l’aménagement urbain des banlieues a fait son chemin parmi les professionnels, et les architectes se sont attelés à chercher une résolution rapide à ce nouveau problème. Certains ont pensé à la récupération systématique et à la transformation des zones résidentielles déjà existantes. D’autres ont opté pour la construction de nouvelles réalités résidentielles. Tous envisagent une « humanisation » des agglomérations suburbaines, une réduction de taille possible uniquement en créant des environnements vivables et salubres, favorisant surtout les relations humaines.

L’expérience a commencé par les zones proches des petites et moyennes villes.
Maisons couleur pastel et matériaux « vivants » pour une ville à taille humaine
Seaside est l’un des exemples les plus réussis de cette nouvelle tendance américaine. Pour construire les maisons de la ville, on a privilégié le style victorien romantique et utilisé le bois, un matériau que beaucoup considèrent comme « vivant », avec une âme ; mais surtout car c’est un matériau local. Les maisons ont ensuite été rendues encore plus accueillantes en les peignant avec des couleurs pastel douces. Le revêtement des rues a été réalisé en granit gris complété par des briques en terre cuite ; même si au départ, les architectes, sans doute emportés par un enthousiasme excessif, avaient recouvert les rues de fragments de coquillages, pour relier idéalement la ville à la mer, si proche et tellement présente dans la vie locale. Mais comme cela était trop inconfortable pour marcher dessus, on a préféré la solution actuelle, certainement plus pratique.

Toutes les maisons ont deux étages, avec un grand séjour au rez-de-chaussée et la zone nuit à l’étage supérieur. Toutes possèdent une véranda, lumineuse et accueillante, où l’on peut passer un peu de son temps libre en toute détente. Par ailleurs, les concepteurs estiment que la véranda favorise les relations de bon voisinage, ramenant la vie à une dimension plus humaine. De plus, il est plus facile de garder un œil sur les enfants qui jouent dehors.
Les garages sont situés à l’arrière des maisons et on y accède sans que les voitures ne passent devant les habitations : donc zéro pollution, bruit, dangers et trafic. Partout il y a des pistes cyclables et le mégastore omniprésent est remplacé par une épicerie bien fournie à gestion familiale. Non loin se trouvent piscines, terrains de golf et de tennis et naturellement il y a du vert partout.

Le bleu du ciel et le bruit des vagues lointaines contribuent à rendre la vie sereine dans cette ville à taille humaine, où les vacances règnent en maître sur la vie quotidienne. 

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