Booking Holdings perd son recours contre Etraveli : le Tribunal de l’UE confirme l’arrêt de l’acquisition

Nouveau chapitre dans la longue bataille entre Booking Holdings et Bruxelles concernant l'acquisition d'Etraveli Group. Le Tribunal de l'Union européenne a rejeté le recours du groupe américain et confirmé la décision par laquelle la Commission avait bloqué l'opération de 1,6 milliard d'euros en raison des possibles effets sur la concurrence dans le marché numérique des voyages.

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Booking Holdings perd un nouveau round dans la bataille européenne pour l’acquisition d’Etraveli Group. Le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours présenté par le groupe américain contre la décision par laquelle la Commission européenne avait bloqué l’opération, évaluée à environ 1,6 milliard d’euros.

La décision confirme donc, du moins pour l’instant, l’arrêt d’une des opérations les plus débattues de ces dernières années dans le secteur de la distribution touristique en ligne. Au centre de l’affaire se trouve la crainte que l’intégration entre Booking Holdings et Etraveli puisse renforcer encore davantage la position du groupe sur le marché européen, augmentant les barrières à l’entrée et à l’expansion pour les concurrents.

Le Tribunal de l’UE confirme la décision de la Commission européenne

Le prononcé est intervenu le 9 septembre 2026. Le Tribunal de l’Union européenne a confirmé la position adoptée par la Commission européenne, selon laquelle l’acquisition aurait pu renforcer la position dominante de Booking Holdings en augmentant les barrières concurrentielles sur le marché. Les juges ont également rejeté l’argument selon lequel la Commission aurait appliqué des critères non cohérents avec la réglementation et la jurisprudence consolidée. La décision reconnaît au contraire la possibilité pour les autorités européennes d’évaluer de nouvelles formes de risque concurrentiel pouvant apparaître sur les marchés numériques.

C’est une étape importante car elle élargit le débat au-delà de la seule part de marché. Dans le numérique, en effet, la force compétitive d’une plateforme peut dépendre aussi de la capacité à intégrer différents services, contrôler plusieurs étapes du parcours d’achat et utiliser un produit pour en renforcer un autre.

Pourquoi Booking voulait acquérir Etraveli

Booking Holdings avait annoncé l’acquisition de Etraveli Group à la fin de 2021. Etraveli est un acteur européen important dans la distribution en ligne des vols et gère plusieurs marques actives dans le secteur des réservations aériennes. L’opération aurait permis à Booking Holdings, déjà fortement positionné dans la réservation hôtelière via Booking.com, de renforcer encore davantage sa présence dans le segment des vols.

D’un point de vue industriel, la logique était évidente : élargir le nombre de services disponibles au sein du même écosystème et capter le voyageur à plusieurs moments du parcours d’achat, de la recherche du vol à la réservation de l’hébergement.

L’arrêt européen de l’opération

La Commission européenne avait lancé un examen approfondi de l’opération en 2022 et a ensuite, en 2023, décidé de bloquer l’acquisition. Selon Bruxelles, l’intégration avec Etraveli aurait pu renforcer davantage Booking.com sur le marché des OTA hôtelières, rendant plus difficile pour d’autres opérateurs de concurrencer efficacement.

La préoccupation ne concernait donc pas uniquement le marché des vols. L’enjeu central était la possibilité que la présence de Booking dans le segment aérien puisse devenir un levier pour accroître encore trafic, utilisateurs et réservations dans le secteur hôtelier.

Vols et hôtels dans le même écosystème

Le cas Etraveli montre à quel point l’évaluation de la concurrence dans le travel digital est devenue complexe. Les grandes plateformes ne fonctionnent plus nécessairement sur un seul segment : vols, hôtels, location de voitures, activités, paiements et autres services peuvent être intégrés dans une même expérience.

Pour le voyageur, cette intégration peut représenter un avantage, puisqu’elle permet d’organiser plusieurs composantes du voyage dans un seul environnement. Cependant, pour les régulateurs, cette même intégration peut devenir problématique lorsqu’elle permet à un opérateur déjà très puissant sur un marché de consolider sa position grâce à sa présence sur un autre.

C’est précisément cet équilibre entre efficacité, innovation et concurrence qui concentre une part croissante de l’activité des autorités européennes à l’encontre des grandes plateformes numériques.

Booking Holdings conteste la décision

Booking Holdings a exprimé son désaccord avec le jugement et continue de soutenir que l’évaluation de la Commission européenne est erronée tant du point de vue des faits que du point de vue juridique. Le groupe examine actuellement le prononcé et a fait savoir qu’il envisage un possible recours auprès de la Cour de justice de l’Union européenne. L’affaire pourrait donc ne pas être encore close.

Ces dernières années, le président et CEO de Booking Holdings, Glenn Fogel, a à plusieurs reprises exprimé une position critique envers le cadre réglementaire européen, soutenant qu’une approche trop restrictive pourrait freiner les investissements et l’innovation sur le marché numérique.

La relation de plus en plus complexe entre Booking et l’Union européenne

L’affaire Etraveli s’inscrit dans un contexte plus large. Booking Holdings est l’un des principaux acteurs mondiaux de la distribution de voyages en ligne et le marché européen représente une zone stratégique pour le groupe. Parallèlement, l’Union européenne intensifie son attention envers les plateformes numériques considérées comme particulièrement influentes, avec un cadre réglementaire qui comprend à la fois les règles traditionnelles de la concurrence et des instruments plus récents dédiés aux soi-disant gatekeepers numériques.

Le problème ne concerne pas uniquement Booking. L’ensemble du secteur du travel entre dans une phase où fusions, acquisitions et intégration des services sont observés avec une plus grande attention, surtout lorsqu’ils impliquent des plateformes capables d’influencer directement la manière dont des millions de consommateurs recherchent et achètent un voyage.

Ce que signifie la décision pour le marché des OTA

La confirmation de l’arrêt de l’acquisition d’Etraveli a une portée qui va au-delà de l’opération elle-même. La décision indique que les autorités européennes sont prêtes à considérer aussi les effets indirects d’une concentration sur les marchés numériques. Une acquisition peut en effet concerner un service apparemment distinct de l’activité principale de l’acheteur, mais produire néanmoins des effets sur la concurrence si elle permet de générer du trafic, d’accroître la capacité de cross-selling ou de renforcer l’écosystème de la plateforme.

Pour les OTA, metasearch, compagnies aériennes et structures d’hébergement, c’est un élément à observer de près. La compétition dans la distribution touristique ne se joue plus uniquement sur le prix ou les commissions, mais sur la capacité à contrôler une part toujours plus large du voyage digital.

La distribution touristique européenne entre dans une nouvelle phase

Le jugement arrive également à un moment où le travel digital évolue rapidement. Aux dynamiques traditionnelles entre OTA, fournisseurs et moteurs de recherche s’ajoutent l’intelligence artificielle générative, les agents AI et de nouveaux modes de recherche et de réservation. La valeur stratégique de l’accès au client croît donc encore davantage. Celui qui parvient à capter le voyageur au début de sa recherche peut l’accompagner ensuite vers hôtels, vols, locations de voitures, expériences et autres services.

C’est aussi pour cela que le cas Booking-Etraveli représente quelque chose de plus qu’un simple litige juridique. Il montre la difficulté à déterminer où s’arrête l’expansion légitime d’une plateforme et où commence un renforcement de la position concurrentielle rendant plus difficile l’entrée d’autres opérateurs.

Le dossier Booking-Etraveli pourrait ne pas être terminé

Le Tribunal de l’Union européenne a donc confirmé la décision de la Commission, mais Booking Holdings peut encore tenter la voie d’un nouveau recours. Un éventuel passage à la Cour de justice représenterait un nouveau chapitre d’une affaire commencée il y a presque cinq ans et devenue entre temps un cas de référence pour la relation entre régulation européenne et consolidation dans le travel digital.

Pour le secteur, le résultat sera important non seulement pour Booking et Etraveli. Les décisions prises sur cette opération pourraient aider à définir le périmètre dans lequel les grandes plateformes du tourisme pourront croître par acquisitions et intégrations dans les années à venir.

FAQ sur l’acquisition Booking Holdings-Etraveli

Booking Holdings a-t-il acquisé Etraveli Group ?

Non. L’acquisition annoncée par Booking Holdings a été bloquée par la Commission européenne et le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours présenté par le groupe contre cette décision.

Quelle était la valeur de l’acquisition d’Etraveli ?

L’opération annoncée par Booking Holdings avait une valeur d’environ 1,6 milliards d’euros.

Pourquoi l’Union européenne a-t-elle bloqué l’acquisition ?

Selon la Commission européenne, l’opération aurait pu renforcer davantage la position de Booking Holdings dans la distribution hôtelière en ligne, augmentant les barrières à l’entrée et à l’expansion pour les concurrents.

Que fait Etraveli Group ?

Etraveli Group opère dans la distribution en ligne de vols et gère plusieurs marques et plateformes spécialisées dans la réservation de billets d’avion.

Booking Holdings peut-il encore faire appel ?

Oui. Après la décision du Tribunal de l’Union européenne, Booking Holdings a déclaré envisager un possible recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Pourquoi l’affaire Booking-Etraveli est-elle importante pour le tourisme ?

Cette affaire est importante car elle concerne la manière dont les autorités européennes évaluent la concentration sur les marchés numériques du voyage, où une plateforme peut utiliser sa présence dans un secteur, comme les vols, pour renforcer sa position dans un autre, comme la réservation d’hôtels.

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